ELIMINATION DE L’AMIANTE (Etude Novembre 2021)

mercredi 22 décembre 2021
par  BUHNOE
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Destruction des déchets d’amiante par des méthodes thermiques ou chimiques

Avancement des techniques utilisés

1 – Préambule.

En 2012, des recherches bibliographiques par Internet sur les techniques disponibles pour détruire les déchets d’amiante avaient été faites dans le cadre de la commission prévention de l’ANDEVA (se reporter à l’annexe 1). Il parait utile, 10 ans après, de faire l’état de l’évolution des méthodes utilisées pour détruire ces déchets d’amiante soit thermiquement, soit chimiquement en passant de la méthode industrielle, aux pilotes industriels et aux brevets de laboratoire.

2 – Les méthodes thermiques.

2. 1 Méthode industrielle.

Procédé à la torche à plasma : La première technique de destruction complète de l’amiante a été mise au point depuis plus de 20 ans et utilisait une torche à plasma. L’oxygène était utilisé comme gaz vecteur. Elle reste une méthode industriellement utilisée mais c’est la seule installation en Europe. Elle est exploitée par la société Française INERTAM à Morcenx (40110). Cette technique consomme beaucoup d’énergie électrique mais un projet d’alimentation par des panneaux photovoltaïques est à l’étude. Ce procédé est efficace mais coûte 3 à 5 fois le coût de l’enfouissement. La capacité de traitement après les derniers travaux de modernisation de 2020 est de 5000 tonnes annuelles. Les produits obtenus à la sortie de la torche à plasma sont valorisables en sous couche routière.

2. 2 Méthode au stade du pilote industriel.

Procédé au micro-onde avec apport de gaz chauds : Une technique de destruction complète de l’amiante a été développée au Japon à partir de 2015 par la société Microwave-Driven Asbestos Treatment. Elle utilise un four à micro-onde disposant de trois magnétrons chacun d’une puissance de 7 kW et alimenté par un gaz issu de la combustion de bois à une température de 700 à 1000°C. La destruction complète de l’amiante est assurée pour une température au cœur des déchets traités comprise entre 900 et 950°C. Ce projet est resté actuellement au stade du pilote car assez complexe à exploiter mais il est économique en énergie par suite de l’utilisation de micro-onde pour obtenir la température de traitement. Il n’a été testé que pour de l’amiante chrysotile. Ce pilote industriel a une capacité de 2 tonnes/jour pour des déchets contenant de la chrysotile sous forme d’amiante ciment.

3 – Les méthodes chimiques.

3. 1 Méthode industrielle.

Procédé au four rotatif après mouillage et broyage : La seule technique industrielle développée à ce jour est exploitée par la société ARI TECHNOLOGIES en Angleterre et a une capacité de destruction de 37 tonnes/jour pour tous types de déchets d’amiante. La technique consiste d’abord à minéraliser les déchets avec un borate de métal alcalin ou un silicate de métal alcalin qui sert d’agent mouillant. Ce traitement avec un agent mouillant peut se faire lors du retrait des déchets ou de leur arrivée sur le site de destruction. Les déchets amiantés conditionnés en sac du type big-bag sont soumis à 3 phases de traitement :

• Broyage, déchiquetage, malaxage ;

• Introduction dans un four à foyer rotatif pour une fragmentation, une homogénéisation et enfin un traitement thermique de 1200°C pendant environ 20 mn ;

• Sortie du four et refroidissement dans de l’eau puis stockage dans des containers. Les produits obtenus en sortie de four sont valorisables en sous-couche routière. Cette technologie est maitrisée et a un coût comparable à l’enfouissement des déchets amiantés en Angleterre où le prix du stockage en centre d’enfouissement est élevé par rapport à la France.

3. 2 Méthodes au stade de pilotes industriels.

Cinq pilotes industriels sont en cours de développement en ce moment :

• Procédé au micro-onde après mouillage : La société ATON HT basée en Pologne utilise la technologie avec un agent minéralisant les déchets d’amiante puis le produit traité est introduit dans un four à micro-onde. La future unité a une capacité de traitement de 1 tonne /jour avec un prix de revient évalué à 110 €/tonne.

• Procédé avec acide chlorhydrique à chaud : La société Française VALAME basée à Armentières (59280) créée en mars 2019, associée à l’entreprise Néo Eco est en train de construire un premier container contenant une installation de destruction de tous les types de déchets d’amiante en utilisant les brevets du Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse. Les déchets sont broyés en poudre fine dans un local confiné puis mélangés dans un réacteur contenant de l’acide chlorhydrique à 100°C. A l’issue du traitement qui sera contrôlé par un test par diffraction des rayons X, les effluents sont refroidis, filtrés et séparés pour pouvoir recycler l’acide chlorhydrique et les produits de transformation de l’amiante. Une étude pour valoriser ces produits est en cours. La capacité de traitement sera de 1 tonne/jour et le coût du traitement est estimé à 200 € HT/tonne. La société VALAME envisage de construire à moyen terme une usine fixe avec une capacité supérieure à 10 000 tonnes par an. Il reste à obtenir les résultats escomptés sur le pilote qui a été lancé depuis plus de 5 ans.

• Procédé avec acide chlorhydrique à chaud : La société Française Capena et Lacout est moins avancée dans son projet de pilote. Le procédé utilise aussi de l’acide chlorhydrique mais en autoclave à une température supérieure à 200°C pendant 48 heures. La technique utilisée permet d’obtenir des produits de transformations plus intéressants à valoriser (Rhabdophane et apatite).

• Procédé avec acide sulfurique à chaud : La société Neutraval issue d’un partenariat entre la start-up Neutramiante et l’entreprise BTP Beck soutenu par De Dietrich envisage d’installer un pilote industriel en Moselle sur la friche de l’ancienne aciérie à Hagondange. Le procédé utilise de l’acide sulfurique à chaud (environ 100°C) pendant 8 heures et permet d’obtenir des produits de décomposition valorisables afin de réduire le coût du traitement. Par contre, l’acide sulfurique ne détruit que l’amiante chrysotile mais elle représente 90 % des déchets amiantés. Le coût du traitement pourrait atteindre le prix de l’enfouissement. La capacité de ce pilote est de quelques centaines de kilo de déchets d’amiante par jour.

• Procédé avec acide chlorhydrique à chaud : On peut ajouter parmi les projets de pilote de destruction chimique des déchets d’amiante, l’initiative du CERADER 24 qui tente d’implanter une installation sur une friche industrielle à Bergerac avec l’aide des brevets du Laboratoire de Génie Chimique de Toulouse, une société Montpelliéraine La Somez qui construira le pilote et la région Nouvelle-Aquitaine ainsi que les agglomérations de Périgueux et Bergerac qui apporteront une partie du financement. Les travaux doivent débuter en 2022.

3. 3 Méthode au stade du laboratoire.

Procédé au four rotatif après attaque par des acides forts à froid : Le brevet a été développé par la société Japonaise SUMITOMO OSAKA CEMENT qui décrit un procédé de traitement de tout type d’amiante et une valorisation de ce matériau sous forme de clinker (matière première pour la fabrication du ciment). Ce procédé repose sur un traitement par voie thermochimique. Il s’effectue en deux phases.

Une première phase avec un contact prolongé avec une solution d’acide fort (fluorhydrique ou nitrique ou sulfurique ou phosphorique ou un mélange de ces acides).

La deuxième phase comprend une introduction dans un four à foyer rotatif utilisé dans les cimenteries pour le processus de fusion. Ce brevet devra être testé dans l’industrie et validé en maîtrisant en toute sécurité, l’utilisation des acides forts préconisés ainsi que l’adaptation du procédé aux fours des cimentiers.

4 - Commentaires.

Compte tenu que dans la plupart des régions Françaises l’enfouissement est assez bien accepté par les populations et que le coût de la destruction complète de l’amiante n’est qu’une faible part des travaux de désamiantage, les travaux de recherche sont beaucoup plus importants dans le domaine de l’amélioration des techniques de désamiantage afin de tenter de réduire son coût. La conséquence c’est que la mise au point de la destruction chimique de l’amiante n’avance en France que très lentement.

5 - Bibliographie :

« Mémoire de fin d’études de la 2éme année de Master » de Monsieur Bougrini Mohamed-Jalal de l’Université Lille 2 Droit et Santé : Amiante : quelles sont les alternatives à l’enfouissement et est-ce que la valorisation est possible ? Document en accès libre sur Internet.

Le 22/11/2021 Alain Lenormand Commission Prévention

Pour mémoire une première étude a été réaliée en juin 2012 ( 7 - Voir Archives)


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